Le blog 2025/2026
- Les "Salauds de pauvres" ont-t-ils changé de camp ?
- Tiens ... une présidentielle !
- L'alternance est-elle en train d'être rendue plus difficile ?
- Lionel Jospin : L'homme des avancées sociales
- Les élections locales peuvent-elles changer le destin d'une nation ?
- Chaos et intox
- Moins de moyens pour les missions locales : moins d'avenir pour les jeunes
- Bonne année 2026 ! Une année d'un nouveau genre ...
- Un exemple de démocratie locale à bout de souffle : Compiègne
- La jeunesse en danger
- Et si on changeait de système électoral ?
- Les 2% qui terrifient
- Une histoire de confiance
Les "Salauds de pauvres" ont-t-ils changé de camp ?

C’est le problème avec les classiques : on finit toujours par mélanger les auteurs. Prenez la célèbre formule « Salauds de pauvres ! ». Si vous posez la question dans un dîner en ville, neuf personnes sur dix vous jureront que c’est du Coluche. C’est tellement lui, n’est-ce pas ? Ce cynisme époustouflant, cette façon de cogner sur les victimes pour mieux dénoncer le système ...
Sauf que non. Rendons à César ce qui appartient à la littérature : la réplique est signée Marcel Aymé dans sa nouvelle La Traversée de Paris, magistralement postillonnée par un Jean Gabin hors de lui dans le film de 1956. Son personnage, Grandgil, un artiste bourgeois qui fait du marché noir par pur frisson aristocratique, hurle son mépris à des gérants de bistrot misérables et lâches. C'était de la magnifique satire au vitriol sur la noirceur humaine en temps d'Occupation.
Heureusement, en 2026, la ferveur créative ne s'est pas éteinte. Nous n’avons plus Marcel Aymé, mais nous avons des agences de communication et une poignée "cerveaux" politiques. Et force est de constater que le concept du « pauvre dérangeant » vient de s'offrir un dépoussiérage magistral du côté de la direction de Place Publique.Quand les "Cibles à éviter" remplacent les "Salauds de pauvres"
Mettons immédiatement les points sur les « i » : il ne s'agit pas ici de faire le jeu de la droite ou de l'extrême droite. Ces dernières n'ont jamais eu besoin de notes secrètes pour mépriser les classes populaires ; elles le font à visage découvert, à coups de coupes budgétaires, de traque aux allocataires et de rhétorique xénophobe bien plus destructrice. Le dogme libéral et le national-populisme restent, et de loin, les champions toutes catégories du pilonnage social.
Mais c'est précisément pour cela que la dernière fuite de l'état-major de Raphaël Glucksmann pique autant les yeux.
On l'a appris récemment : une note interne stratégique, rédigée par deux ou trois stratèges en col roulé, a malencontreusement fuité dans la presse. Un document d'une poésie technocratique folle, qui liste consciencieusement les électeurs à choyer et, surtout, les « cibles à éviter » pour la prochaine présidentielle.
Et devinez qui se trouve tout en haut de la liste des gens avec qui ces brillants cerveaux n'ont pas envie de partager un bulletin de vote ? Les jeunes de 18-25 ans, les banlieues, les familles monoparentales et... les CSP-. Bref : les précaires, les prolos. Ceux qui commettent l'impardonnable faute de goût d'avoir des fins de mois difficiles et, comble de l'impolitesse, d'être « difficilement mobilisables ».
On imagine sans peine le brainstorming des communicants :
« Non mais Raphaël, tu comprends, le pouvoir d'achat, la revalorisation du SMIC, ça fait un peu vieux monde. Concentrons-nous plutôt sur le retraité parisien à 5 100 € de pension et l'ingénieur cadre sup'. Eux, au moins, ils ont le sens de l'Europe et du circuit court. »
Évidemment, face au tollé, le candidat s'est empressé de déclarer que ce document n'avait « aucune valeur politique » et qu'il était « à l'opposé » de ses convictions. Dont acte. On veut bien croire qu'il s'agit de la dérive isolée de quelques experts en marketing électoral qui confondent un parti de gauche avec un club de golf privé. Mais le simple fait que de telles idées germent dans l'entourage d'un leader de gauche en dit long sur une certaine déconnexion.
Le mépris de classe version PowerPoint
Chez Marcel Aymé, le bourgeois Grandgil insultait les pauvres parce qu'il les trouvait soumis face à la misère. En 2026, ce nouveau centre gauche, réduit à un candidat et ses trois conseillers en image, préfère carrément les effacer de la carte électorale parce qu'ils ne rentrent pas bien dans les cases de leur feuille Excel. Le « Salaud de pauvre » de Gabin est devenu le « Segment sociologique non rentable » de la social-démocratie de marché. C'est beaucoup plus propre, ça ne crie pas, et ça évite de se salir les chaussures sur le terrain.
La droite cogne sur le social par conviction idéologique ; c'est son programme, on est habitué. Mais qu'une poignée d'hommes politiques censés incarner l'alternative préfèrent théoriser l'abandon des classes populaires plutôt que d'aller les convaincre, voilà qui laisse un goût amer.
Alors, pour le prochain briefing de campagne, on suggère à ces génies du marketing d'abandonner la police Helvetica et les rapports confidentiels. Qu'ils retournent lire Marcel Aymé, ou mieux, qu'ils aillent parler aux gens. Cela leur évitera de réinventer le mépris de classe ... en version inclusive.
Tiens ... une présidentielle !

A un an de l'élection présidentielle, le pays compte déjà une vingtaine de candidats déclarés, prêts pour ce rendez-vous démocratique majeur pour la Nation.
Ce record interroge... Durant de longues années, nous avons été habitués à des présidents de droite classique ou de centre gauche. Cette fois-ci, le pays semble vouloir tourner la page. En se déclarant officiellement, Jean-Luc Mélenchon semble donner le coup d'envoi de cette campagne. Sa longue préparation, son programme et les nombreuses personnalités de son mouvement reconnues par les Français forcent à constater que le candidat a pris une longueur d'avance.
La droite émiettée, le PS fragilisé et le centre asphyxié ont, à ce stade, consacré une trop grande énergie à critiquer ou caricaturer le candidat plutôt qu’à construire un projet crédible et motivant pour les Français. J'avoue être particulièrement déçu qu'une partie de la gauche ait choisi pour cible Jean-Luc Mélenchon, plutôt que les politiques injustes de la droite et les excès ou l'égoïsme du Rassemblement National.
Si la personnalité de Jean-Luc Mélenchon est tonitruante, on peut apprécier chez lui sa capacité à construire une pensée et un programme qui répondent aux préoccupations de nombreux citoyens. Les Français subissent en effet, depuis trop longtemps, des injustices sur des sujets variés, et il n'est pas raisonnable de ne pas les écouter si l'on veut défendre les principes fondamentaux de notre République.
Jean-Luc Mélenchon pointe les grands enjeux du pays avec beaucoup de lucidité et de modernité. On sait, par exemple, à quel point nous serons impactés demain par les décisions prises aujourd'hui s'agissant de l'environnement. La jeunesse a d'ailleurs fort bien compris les défis qui nous attendent.
Dans ce contexte, je souhaite ardemment qu'une vision humaniste, modérée, ambitieuse et progressiste puisse guider le pays à l'horizon 2027.
L'alternance est-elle en train d'être rendue plus difficile ?

Les actualités nationales multiplient les annonces de tensions au moment même où des élections ont mis sur le devant de la scène de nouvelles personnalités.
Il faut reconnaître que le climat politique devient de plus en plus malsain lorsqu'on observe le racisme particulièrement décomplexé de la part de certains médias ou politiques.
La caricature de l'adversaire est devenue tristement la règle.
Cette atmosphère témoigne d'une difficulté réelle de la société à accepter l'alternance, alors même qu'elle rend la démocratie plus forte au fil des changements.
Gageons que les citoyens privilégient de manière vigoureuse une société paisible, ouverte au dialogue et luttant contre toute forme d'injustice.
Lionel Jospin : L'homme des avancées sociales

C'est une sorte de facétie politique qui se mêle à cette bien triste nouvelle... Au lendemain des élections municipales de 2026, Lionel Jospin n'est plus.
Il restera l'homme des avancées sociales les plus importantes des dernières décennies. Les 35 heures, le PACS, les emplois jeunes, la baisse du chômage et la croissance économique font partie du bilan très marquant de Lionel Jospin.
Lionel Jospin était aussi un modèle de droiture et de dialogue. Il aura été le fondateur émérite de la gauche dite « plurielle ».
Le coup de tonnerre de 2002 laisse, bien sûr, des traces historiques : les divisions de la gauche ont empêché l'arrivée de Lionel Jospin au second tour de l'élection présidentielle. Heureusement, à cette époque, le pays a balayé sans hésitation l'extrême droite aux portes du pouvoir.
Lionel Jospin aura donc laissé les traces d'une histoire heureuse et courageuse de la démocratie. Nul doute que les politiques d'aujourd'hui peuvent s'inspirer de ce parcours digne et particulièrement respectable.
Lionel Jospin s'en va, mais les semences de justice sociale qu'il a plantées continuent de porter leurs fruits. Je reste, aujourd'hui comme hier, fier d'avoir reconnu en lui le visage d'une politique noble et exemplaire.
Les élections locales peuvent-elles changer le destin d'une nation ?

Chaos et intox

Moins de moyens pour les missions locales : moins d'avenir pour les jeunes

Malgré les débats des deux assemblées et les prises de position de la représentation nationale, le budget proposé par le Gouvernement à l'aide du 49.3 ne sanctuarisera pas les moyens alloués aux missions locales et la jeunesse des territoires.
Ces baisses annoncées laissent imaginer des baisses plus importantes dans certaines régions. En Bourgogne-Franche-Comté, il faudra certainement observer un pourcentage de baisse nettement supérieur.
Cette situation oblige chaque mission locale a réduire ses effectifs, et bien-sûr à ne pas pouvoir accompagner la totalité des jeunes en demande d'insertion comme il le faudrait.
Il serait audacieux et finalement peu sérieux d'imaginer la création de solutions de mutualisation qui permettent de correspondre à de vraies solutions en direction des publics.
La jeunesse devient donc une variable d'ajustement, un objet de sacrifice, un simple sujet que l'on peut oublier alors même que les besoins sont particulièrement importants dans le contexte que l'on connaît.
La jeunesse en milieu rural se bat par exemple quotidiennement pour accéder à l'emploi, la formation, la mobilité, le logement ...
Comment façonne-t-on la société de demain ?
L'ensemble des pouvoirs publics doit plus que jamais renforcer les moyens dédiés à la jeunesse et aux plus fragiles.
Espérons que chaque Elu à chaque échelle contribuera à faire prendre les justes décisions qui favoriseront le devenir de la jeunesse.
Mobilisons-nous pour des solutions volontaristes et ambitieuses !
Bonne année 2026 ! Une année d'un nouveau genre ...

Un exemple de démocratie locale à bout de souffle : Compiègne

La jeunesse en danger

Et si on changeait de système électoral ?

Les 2% qui terrifient

Une histoire de confiance

